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    Journée de l’holocauste : La jeune génération appelée à cultiver la tolérance
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    ​L’Ambassade d’Israël au Sénégal a célébré hier, à l’Ucad, pour la deuxième année consécutive, la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Cette manifestation, qui a vu la participation de l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, a été une occasion d’inviter la jeune génération à cultiver la tolérance et le pardon.
    Ambiance et tristesse ont rythmé hier la célébration de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste à l’Ucad. L’exposition sur la tragédie du camp d’Auschwitz-Birkenau et la projection du film-témoignage «Les cieux s’ouvriront pour toi, l’histoire de Malka Rosenthal » ont permis au public de voyager au cœur de la souffrance des millions d’innocentes victimes de l’extermination. Au total, a rappelé Dr Eli Ben-Tura, ambassadeur d’Israël à Dakar, 6 millions de juifs ont été tués. Selon lui, l’Holocauste a été un évènement spécial parce que c’était la première fois, dans l’histoire, que l’extermination de l’être humain fut industrialisée.
    Pour Dr Eli Ben-Tura, « cet évènement unique nous laisse une très importante leçon de vie ». Il a également soutenu que l’ignorance est la principale source de la haine, du préjudice et du stéréotype. Ce faisant, il a insisté sur la nécessité pour tous d’être ouverts, tolérants afin de pouvoir se rapprocher de l’autre. « L’éducation, le développement et les échanges culturelles doivent se substituer à cette ignorance », a expliqué l’ambassadeur, tout en invitant à veiller à ce que de telles atrocités ne se reproduisent « plus jamais » dans le monde.
    Tirer des leçons pour le futur
    Bernhard Kampmann, ambassadeur d’Allemagne au Sénégal, a exhorté à tirer des leçons de ce « souvenir douloureux ». « Pour toujours, les générations d’Allemands vont s’incliner devant les victimes, leurs proches qui ont pu éviter de partager leur sort et leurs descendants dans la mémoire de ces horreurs, refusant l’oubli et demandant le pardon qui est possible devant la mesure de cette aberration », a-t-il déclaré.
    M. Bernhard Kampmann a invité le public composé majoritairement d’élèves à être vigilant et à dénoncer la discrimination. « Ayez le courage de professer le respect de la dignité humaine comme fil conducteur dans votre vie », a-t-il recommandé aux élèves.
    Pour sa part, le recteur de l’Ucad, le Pr Saliou Ndiaye, a souligné la pertinence de rappeler à la jeune génération les atrocités de l’Holocauste afin que de telles choses ne se reproduisent. «Nous n’avons pas le droit d’oublier ce qui s’est passé puisqu’il s’agit d’une action qui a été planifiée. Nous devons regarder dans le rétroviseur et tirer les leçons qui s’imposent pour le présent et l’avenir », a-t-il avancé. Il a ajouté que la modernité doit produire des comportements plus responsables et plus humains. Oumar Sock, représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, a également estimé que les leçons de cette tragédie doivent « guider les futures générations ».
    DR ALIOUNE DEME, ENSEIGNANT D’HISTOIRE A L’UCAD : « Des juifs nés au Sénégal de même que des Sénégalais font parties des victimes »
    Animant une communication intitulée : « l’Holocauste dans le contexte sénégalais », Dr Alioune Dème, enseignant d’Histoire à l’Ucad, a révélé que des données historiques montrent que des juifs nés au Sénégal de même que des Sénégalais font parties des victimes des camps de concentration. Pour lui, les victimes de nationalité sénégalaise doivent sortir de l’oubli.
    « Avec le support de notre chef de département, nous avons entrepris un ambitieux programme de leur recensement, car la nation veut savoir ce qui est arrivé à ses fils », a-t-il déclaré. Selon le Dr Dème, après la défaite de la France, Dakar fut allié à Vichy et les lois anti-juives furent implantées dans la colonie. « Les juifs furent forcés de se faire recenser. Le gouverneur général Boisson menaça tous ceux qui ne voulaient pas le faire. Ceux qui se firent recenser perdirent leurs emplois », a-t-il avancé.
    D’après l’historien, des données obtenues à partir du témoignage des victimes révèlent qu’au Sénégal, certains juifs étaient emmenés de force par l’administration de Vichy dans un camp d’internement à Sébikotane pour des travaux forcés. C’est la raison pour laquelle, a-t-il poursuivi, Sébikotane sera inclue dans l’Encyclopédie des camps et ghettos.
    Ainsi, à partir de ce lieu, a renseigné Alioune Dème, certains étaient forcés d’aller travailler à l’Office du Niger au Mali, tristement célèbre pour le nombre important d’Africains morts durant les travaux forcés.
    Ibrahima BA